Leçons à retenir d’un succès phénoménal

Derrière l’avalanche de prix prestigieux – dont l’Oscar du meilleur long métrage d’animation attribué hier constitue l’acmé – qui s’abat sur Flow, ce qui fait le caractère exceptionnel, voire révolutionnaire, de cette œuvre hors du commun tient en quelques données-clés.

1° Ce film est réalisé par le cinéaste letton Gints Zilbalodis, précédemment coupable de plusieurs courts métrages et d’un long métrage (Ailleurs, 2019) écrits et conçus quasiment seul, au sein d’une industrie lettone du cinéma d’animation jusqu’ici quasi-inexistante.

Flow développe un récit apocalyptique mettant en scène des animaux non-anthropomorphisés (sans caractéristiques et comportements humains, ou presque), sans le moindre dialogue ni chanson.

3° En dépit du fait qu’il n’est pas adressé spécifiquement aux jeunes publics, Flow est un carton d’audience – auprès de toutes les tranches d’âge – dans les salles de cinéma du monde entier, dont près de 700 000 entrées en France et plus d’un million au Mexique.

Coproduit par la société française Sacrebleu, il a été en grande partie fabriqué à Marseille et à Bruxelles par deux équipes de taille très modeste.

5° Conçu en images de synthèse, il s’appuie en grande partie sur la technologie “3D temps réel” (issue des jeux vidéos), laquelle permet une mise en scène immersive et une économie (de temps, d’argent, de ressources matérielles et énergétiques) spectaculaire. Le tout avec un pipeline de fabrication centré sur logiciel libre Blender.

6° Son coût global avoisine les 3,5 millions d’euros, budget dérisoire pour un long métrage d’animation. A titre de comparaison, le budget des films animés face auxquels Flow était en concurrence aux Golden Globes (puis aux Oscars) oscillait entre 35 et 200 millions de dollars. Quand le budget moyen d’un long métrage animé de cette ambition en France tourne généralement autour de 8-10 millions d’euros en fourchette basse.

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