La colonisation des IA génératives de tous les secteurs d’activité, en particulier de celui des I&IC, se fait à vitesse accélérée. Sans doute trop vite.
Néanmoins, sauf à s’enterrer la tête dans le sable, il demeure essentiel de saisir la moindre occasion d’embrasser posément cet enjeu sociétal universel pour mieux l’adopter consciencieusement ou le rejeter en bloc.
Dans cette perspective, la journée thématique « Fast Forward », organisée le 12 février dernier par l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM), proposait d’imaginer les usages de l’IA dans les métiers de la création sonore. Elle était adressée à l’ensemble des acteurs de la chaîne de création : artistes, recherche scientifique, innovation technologique, métiers des acteurs du son pour le cinéma, d’audiovisuel et la musique.
L’objectif de cette rencontre est de créer un réseau de ressources et de favoriser des partenariats autour la création sonore pour faire émerger de nouvelles technologies du son (communautés de recherche), fondées sur une analyse des besoins et des pratiques artistiques (communautés professionnelles).
Il s’agit de repenser les modèles actuels qui articulent « recherche scientifique-transfert technologique pratique artistique » de manière verticale, dans lesquels chaque partie est cloisonnée et l’artiste considéré comme un simple utilisateur en bout de chaîne. Cette initiative cherche à favoriser l’émergence de nouveaux modèles transverses de recherche et d’innovation intégrant l’artiste de bout en bout, afin d’orienter la recherche en fonction des besoins et des usages, et non l’inverse. Cette mutation est tout particulièrement nécessaire à l’âge de l’intelligence artificielle, où les outils tout autant que les usages créatifs sont en grande partie à définir et peuvent à terme contribuer à l’établissement d’une nouvelle forme de softpower et d’exception française culturelle et technologique.
Fast Forward fut également l’occasion d’exposer et de confronter les points de vue des acteurs de la chaîne de création dans les ICC, ainsi que de les contextualiser dans le cadre d’une réflexion plus large sur les implications sociétale, éthique et écologique de l’IA.






