Profitant de l’effervescence cannoise, les trois principaux organismes au cœur de l’expertise I&IC – le Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC), le groupe de protection sociale paritaire Audiens, le fonds d’assurance formation agréé Afdasunissent leurs compétences et expertises pour lancer « L’Observatoire des métiers à l’heure de l’IA dans les industries culturelles et créatives ».
Celui-ci se focalisera dans un premier temps sur les métiers des filières cinématographique, audiovisuelle, des médias et du jeu vidéo et pourra être étendu dans un deuxième temps à d’autres industries culturelles comme la musique, en association avec d’autres institutions ou acteurs-clés de ces industries.

« [Les analyse de cet observatoire] permettront de suivre précisément l’évolution de l’emploi dans les familles de métiers les plus directement concernés par l’IA. Concrètement, il consistera en une note de conjoncture trimestrielle qui permettra de faire un focus sur une famille de métiers.

La première note de conjoncture publiée lors du Festival de Cannes porte sur les storyboarders*. Contrairement aux hypothèses initiales considérant que ce métier était particulièrement exposé face au développement d’outils d’intelligence artificielle, les chiffres de l’emploi ne permettent pas de conclure à un impact, positif ou négatif, de l’IA sur l’emploi des storyboarders. Les effectifs ont en effet plutôt eu tendance à légèrement augmenter ces dernières années, et à nouveau en 2024, malgré le contexte difficile pour le secteur de l’animation.

D’après les entretiens menés avec des storyboarders et des sociétés du secteur de l’animation, le métier de storyboarder n’est pas qu’un métier technique, mais aussi un métier hautement créatif, lui conférant ainsi une place centrale dans la mise en scène d’un film ou d’un programme d’animation, qui nécessite de nombreux échanges avec le réalisateur. Ni les outils, ni les processus de production, ni les cultures professionnelles de l’animation ne permettent aux outils ayant recours à l’IA de jouer un rôle déterminant à date. De manière plus prospective néanmoins, le secteur de l’animation pourrait se polariser avec le déploiement de ces outils et leur perfectionnement : d’une part, des studios misant sur des productions originales et créatives, où les storyboarders conserveront leur rôle clé ; d’autre part, des acteurs spécialisés dans des productions standardisées, destinées en premier lieu à être diffusées sur des canaux digitaux, et au sein desquelles la dimension créative du métier de storyboarders passerait au second plan, derrière un rôle de supervision.

La deuxième note de conjoncture portera sur le métier de doubleur. Elle sera publiée à l’été 2025. »

* Le storyboard est la mise en images du scénario d’un récit visuel, audio-visuel, interactif. Les professionnel.le.s spécialisés dans cette discipline travaillent majoritairement dans les domaines du cinéma d’animation (long métrage, séries, vidéo-clips), du jeu vidéo, des effets spéciaux.

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