Initié par quelques-une des communes françaises du Réseau des villes créatives de l’UNESCO, le premier numéro de la publication collective “Intelligence artificielle et création : enjeux et pratiques” propose des interviews croisées de professionnel·les référent·es du cinéma et de l’audiovisuel, de la littérature, de la musique et des arts numériques.
L’ensemble dégage sur 240 pages une vision transversale des enthousiasmes et préoccupations, partagées ou contestées, par un aréopage d’experts (artistes, journalistes, diffuseurs, producteurs/éditeurs, technocrates administratifs) en prise directe avec le vaste sujet de la cannibalisation forcenée des outils d’IA générative dans tous les secteurs de la création d’images et de sons.
Extraits (presque au hasard) :
• Comment garantir que les œuvres créées avec l’IA restent réellement innovantes et ne tombent pas dans la répétition algorithmique ?
Réponse d’Elisha Karmitz (MK2 group) : “En développant l’esprit critique. Un œuvre ne s’exprime que quand elle est vue. La meilleure manière de résister à la standardisation est d’éduquer le regard et l’attention des spectateurs à la curiosité, à l’effort et à l’analyse critique.“
• Le recours à l’IA dans la création artistique peut-il entraîner une standardisation des œuvres ?
Réponse de Takuya Nomura (producteur général, Knowledge Capital) : “[…] Dans l’histoire, les artistes ont toujours eu pour mission de briser et de renverser les vagues de standardisation et de médiocrité qui surgissent inévitablement dans la pratique artistique. Il en ira de même à l’ère de l’IA : ces ruptures et dépassements seront d’autant plus nécessaires dans le futur.“
• Comment imaginez-vous l’avenir de l’IA dans votre secteur d’activité ?
Réponse de Sandy Vee (musicien, producteur) : “D’un point de vue personnel, l’IA n’a rien à faire dans la musique, mais soyons clairs, elle va prendre le leadership, elle sera incontournable. C’est une question de business, de profits et de marges. Il n’y aura presque plus de coûts directs !“






